Retours sur le Webinaire “Banque ou banquise faut-il choisir ?” organisé par la Nef

Retours sur le Webinaire “Banque ou banquise faut-il choisir ?” organisé par la Nef

Le 10 Février 2022 la Nef organisait un webinaire : “Banques ou banquise faut-il choisir ?” Ce rendez-vous a rassemblé près de 300 personnes réparties sur le territoire national Intervenaient a ce webinaire

  •      Alexandre Poidatz, chargé de plaidoyer Climat et Finance – Oxfam France
  •      Léo Garnier, directeur général – Rift 
  •      Clémence Lacharme, co-responsable du pôle Finance – Carbone 4
  •      Léo Miranda, directeur innovation – la Nef

Didier Labouche, adhérent d’Ille-et-Vilaine, a participé au webinaire et vous propose un compte rendu qui reprend bon nombre des réflexions des intervenants ainsi que des éléments du rapport d’Oxfam France.

« Si l’argent n’a pas d’odeur il a un impact, et pas des moindres. »

L’ONG Oxfam publie chaque année un rapport pointant l’impact désastreux des banques sur le réchauffement climatique. En cause : les choix de financement des banques, largement tournés vers le profit court terme et le financement des énergies fossiles.

Que faire pour que les banques respectent les accords de Paris sur le climat ? Quelles sont leurs responsabilités, celles des citoyens, des États ?

Chacun de nos actes de consommation est un acte engagé, un acte citoyen, Nous sommes de plus en plus nombreux à en être convaincus. Mais quel est l’impact de notre argent ? Où va l’argent que j’épargne ? D’où vient l’argent que j’emprunte ? Est-ce que ma banque partage mes valeurs ?

En tant que citoyen, professionnel ou responsable associatif, choisir la banque avec laquelle travailler pour nos besoins du quotidien ou de financement peut se révéler être un choix fort, ayant un impact sur sa démarche sociale et environnementale au même titre que le choix de ses « fournisseurs. »

Bon nombre d’entre nous, d’entreprises ou d’associations qui inscrivons dans nos raisons d’être des finalités écologiques et sociales somme en recherche de cohérence dans le choix de nos fournisseurs. Électricité verte, produits d’achats locaux et de saison, produits issus de l’agriculture biologique ou du commerce équitable, politique salariale équitable mais aussi soutien aux fournisseurs ayant pour mission d’insérer des personnes éloignées de l’emploi ou en situation de handicap. Parmi ces choix, la banque, qui peut être considérée comme un « fournisseur » Interroger la politique interne de la banque peut être un bon moyen de s’assurer que l’établissement avec lequel nous allons travailler sera conforme à nos attentes.

Le nouveau rapport d’Oxfam montre que les quatre principales banques françaises – BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Banque Populaire Caisse d’Epargne (BPCE) – ont chacune une empreinte carbone supérieure au territoire national français.
Entre 2017 et 2020, pour un euro investi ou financé, les quatre plus grosses banques françaises ont en moyenne augmenté de près de 2 % leurs émissions de gaz à effet de serre.
La principale cause de l’empreinte carbone des banques est leurs financements et investissements aux entreprises actives dans les énergies fossiles.
En 2020, pour BNP Paribas, Société Générale et BPCE, les prêts aux entreprises actives dans le secteur du pétrole et gaz représentaient entre 39 % et 48 % des émissions de gaz à effet de serre de leur portefeuille de crédits aux entreprises. Des volumes qui sont en hausse depuis 2017 et qui sont révélateurs de leur forte exposition à l’industrie des énergies fossiles.

« Le constat est sans appel : les acteurs financiers n’ont pas du tout suivi l’appel de Bercy  qui, en octobre 2020, demandait aux banques, assureurs et gestionnaires d’actifs français de prendre des engagements garantissant l’arrêt définitif de leurs soutiens aux secteurs des pétrole et gaz non-conventionnels. Aucune des quatre grandes banques françaises ne s’est dotée d’une stratégie de sortie de ces secteurs. Seuls le Crédit Mutuel et La Banque Postale sont sur la bonne voie. »

L’alignement du portefeuille des banques sur l’Accord de Paris n’est possible que si et seulement si elles agissent conjointement sur 3 leviers : transparence, réduction des émissions du portefeuille à court et moyen termes, et exclusion de leurs clients entreprises qui n’ont pas de plan de sortie des activités carbonées.

Seul l’État a les moyens de rompre cette dépendance toxique des banques françaises. Etant donné le rôle incontournable des banques dans l’économie, le temps est venu pour l’Etat français d’encadrer strictement leurs activités néfastes des banques et de traduire les vagues appels du Gouvernement en une loi contraignante.

La campagne présidentielle doit permettre d’interroger les politiques sur leur positionnement et sur les mesures qu’ils comptent prendre afin d’appliquer les décisions prises lors des Accords de Paris,

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.