Les Randos paysannes avec les Amis d’Accueil paysan

Les Randos paysannes avec les Amis d’Accueil paysan

C’est en juin 2017 qu’un groupe d’Amis d’Accueil Paysan a proposé de parcourir dans le Trièves en Isère une des premières randos paysannes. Celles-ci ont été créées par des Accueils Paysans dans le cadre d’un programme national financé par le Ministère de l’Agriculture. Les Amis AP ont alors souhaité tester ces randos avec l’objectif de valoriser un nouveau moyen de découverte des AP au sein des pays où ils développent leurs activités de production et d’accueil. Chacune des randos paysannes pratiquées par des Amis représente entre 3 et 4 journées de marche. Elles allient deux pratiques particulièrement attractives, la marche et la découverte de l’agriculture paysanne, sans oublier les territoires que la marche permet d’explorer de façon fine.

La rando en Savoie est la 5ème réalisée par les Amis d’AP (Trièves -juin 2017, Chartreuse – Nord-Isère – juin 2018, Chambarans-Royans-septembre 2019, Jura – septembre 2020, Savoie – octobre 2020).

Cette Rando paysanne 73 s’inscrit dans l’Avant-Pays de Savoie, géographiquement la partie la plus occidentale de la Savoie. Il s’agit pour les sept Amis partants de tracer et de pratiquer un itinéraire reliant trois Accueils Paysans tous situés en Savoie et distant chacun de 13 à 14 km de chemins environ.

Première étape

Première étape, rendez-vous en fin d’après-midi du mardi 6 octobre à l’AP, La Grange du Paris, sur la commune de Loisieux, accueillis par Véronique et Alain, acteurs ruraux. Soirée marquée par de riches échanges, un excellent dîner et l’anniversaire fêté chaleureusement de Marie-France, une des membres de notre groupe. Le lendemain, mercredi 7 octobre, après une très bonne nuit à la Grange du Paris nous attend la première randonnée de la Grange à la Maréchale sur la commune de Grésin. Nous quitterons le plateau de prés et de cultures d’une altitude moyenne de 500 m échancré de vallons profonds aux versants boisés. Nous rejoindrons plus à l’ouest la crête couverte de forêts du long chaînon calcaire du Tournier dont le Mont Tournier est le sommet (877 m). Nous parcourerons ce chemin de crête vers le sud avant de redescendre sur l’autre versant et d’arriver sur le plateau abaissé à Saint Maurice-de-Rotherens puis à Gresin. Par leur connaissance du pays, Véronique et Alain proposent une modification pour la première partie de l’itinéraire en prenant un chemin plus au nord, plus praticable et passant par la Chapelle Saint Martin avant de rejoindre le GR9-GR65 sur la crête.

Après une halte à la Chapelle Saint Martin, nous rejoignons sur la crête près du sommet du Mont Tournier le chemin très bien balisé de Compostelle, le fameux GR65, la voie principale qui conduit à Saint Jacques et reliant en 1100 km Genève à Saint Jean-Pied-de-Port par le Puy-en-Velay. Nous garderons ce grand chemin jusqu’au village de Grésin, terme de notre étape.

C’est vers 17H après 7H30i de randonnée et après la traversée du petit village de Grésin que nous découvrons la Ferme de la Maréchale. Un panneau descriptif de ces bâtiments regroupés nous apprend que cette maison forte est caractéristique de la région et fait partie de ces « grosses maisons » telles qu’elles sont désignées. A souligner que notre chemin est jalonné de panonceaux d’informations nous permettant de découvrir de nombreuses facettes culturelles du pays traversé : chapelle, château, villages, musée, inventeur, géologie, paysage, pèlerins de Saint Jacques.

Claudine, AP, nous accueille. Autour d’une belle tablée, nous échangeons nos impressions à l’issue de cette première journée : « très variés, beaux et confortables chemins et très bonne signalétique, favorables à la marche en groupe, paysages changeants, contraste des prairies, bosquets, forêts et falaises à la belle végétation de fougères et de mousses, remarquables panoramas (belvédères aménagés), haltes intéressantes : chapelle Saint Martin, pierre chapeautée, musée Galetti, église ouverte, variété des points de vue : Bugey, massif de l’Epine, Chartreuse, plaine du Rhône ».…

Claudine nous présente son activité, l’acquisition de la Maréchale en 1998, l’activité agricole autour du troupeau puis de brebis, suivie de la culture de plantes aromatiques. C’est l’année des essais et des premières cultures et de confection d’alcools. C’est avec passion que nous visitons le jardin et découvrons les saveurs et arômes de l’Agastache anisée, de la Monarde, de la Verveine d’Argentine, des Menthes, des Sauges sclarée, ananas ou cassis, génépy,…Nous retrouverons certaines de ces plantes transformées en liqueurs à la fin du dîner partagé et préparé par Claudine.
Le gîte à la Maréchale est en projet. Nous avons passé la nuit dans le centre de vacances Ferry dans le village voisin de Champagneux.

Jeudi 8 octobre au matin

Nous nous retrouvons chez Claudine. Là encore, grâce à la connaissance du pays de Claudine, l’itinéraire de la journée est modifié dans sa première partie. Nous emprunterons une petite route plus au nord afin d’éviter un chemin plus accidenté, traversant le plateau pour rejoindre le chaînon calcaire que nous avions longé la veille, au col de la Crusille (576 m). Nous retrouverons le GR 9 que nous suivrons jusqu’à Dullin. Nous cheminerons sur la crête du chaînon déjà parcouru la veille mais dans sa pointe étroite terminale et boisée, passant tout près du sommet dépassant à peine les 700 m, et à partir du col du Banchet (591 m), nous descendrons vers Dullin avant de rejoindre le Château partagé au hameau Le Guicherd.

Outre la beauté du patrimoine rural, fermes, fontaines, églises, croix, oratoires,…, l’itinéraire se caractérise par la multiplicité des points de vue, plusieurs belvédères (Chenevrières, Grand Bec) jalonnent le chemin, permettant de découvrir outre les massifs déjà observés la veille, les massifs de Belledonne, les Monts du Lyonnais et du Pilat, mais aussi le Bas-Dauphiné, la vallée du Guiers, le lac d’Aiguebelette,…

Arrivée au Château partagé, AP Savoie

Après une dernière remontée et près de 7 heures de randonnée, ouf !, nous arrivons au Château Partagé, vaste demeure avec une terrasse à son pied qui ouvre sur une belle campagne. Le lieu est animé par Magdalena, qui assure la fonction d’accueil, la préparation des repas… Son compagnon, Thierry, assure une activité de maraîchage sur 6000 m2.

Maison de maître des années 1700, celle-ci a connu plusieurs usages, colonie de vacances, hôtel, école. Elle est actuellement un lieu de vie, un habitat groupé où vivent à demeure plusieurs familles. Une grande salle, une grande cuisine équipée, 5 chambres ; 15 lits permettent d’accueillir des stages, des formations, d’assurer l’Accueil Paysan. Un accueil social est aussi largement assuré dans le lieu.

Autour d’une grande table sur la terrasse ensoleillée, nous nous réconfortons, fêtons l’anniversaire de Martine (deux anniversaires en trois jours !) et nous échangeons nos impressions de la journée : « L’appui sur des chemins et sentiers balisés et très confortables est apprécié, ceux-ci sont de plus porteurs, vivants, ils nous font découvrir le paysage, la géographie, l’histoire, la géologie. Le fait de pouvoir prendre du temps, profiter du parcours, est souligné. Le rôle et la lecture des cartes, les commentaires des paysages, les informations géographiques sont saluées : une telle contextualisation de la balade créé une autre façon de randonner ». Enfin, la facilité d’échanges au sein du groupe est aussi saluée.

Et l’accueil paysan… !

Enfin, concernant les haltes et temps partagés aux Accueils Paysans, les repas très conviviaux, les échanges sur les activités, ceux-ci témoignent d’une idée juste de l’AP. L’engagement, la créativité dans l’accueil, la rencontre avec de belles personnalités qui suivent des chemins peu ordinaires, nous aident à transformer notre regard sur la société et répondre à des interrogations essentielles : quelle société ? Quelle agriculture ? Quelle vie pour demain ?
Il apparaît important pour les amis d’accueil paysan de témoigner et les Randos paysannes apparaissent comme un intéressant moyen de collaborer avec les AP et de sensibiliser de nouveaux publics.

Article rédigé par Jean-Luc Parel

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